C'était trop beau pour être vrai ; alors, j'ai tout rendu moche, puis j'ai salué la réalité. C'était une façon de faire personnelle, qu'il est tellement dur à comprendre que je ne suis pas sur de comprendre la portée de mes actes. Mais je suis irréfléchis, surtout pas raisonnable. La gorge noué et dans cette tête épaisse, cette voix qui répète : « qu'as-tu fait ? »
Rien, ou tellement de chose. Parfois c'est ainsi que cela se passe. La flamme a agonisé, puis un courant d'air l'a soufflée. Oui, une odeur de courant d'air.
J'ai essayé de rattraper ce train, qui était partit sans moi. Comme Kerouac, j'ai espéré qu'à un moment il ralentirait pour tester ses freins. Mais cette attente était vaine. Et je n'ai jamais couru vite. Je me suis laissé dépassé par un être étrange. Il s'appelait « les évènements ».
Alors après on peut haïr, et e le comprendrais. Pour une fois j'ai fait preuve d'égoïsme. Cela fait mal. Je ne sais pas comment font ces personnes.
Je me suis réveillé seul ce matin, et j'ai vu le sac de sport eastpak au milieu de ma chambre. Mon frère avait du rentré ; je ne l'avais pas entendu. Ce sac est angoissant. Le seul voyage que j'entamerais, je l'ai déjà commencé il y a bien longtemps. Il n'a rien d'original, puisque c'est le même pour nous tous. Je me suis installé dans la file, et depuis je marche – ou plutôt j'erre – au c½ur de cette procession de crackheads longeant une route pavée de désillusions.
« L'amour, c'est faussement beau. Et même moche ». Ce n'est pas moi qui le dis. Mais j'approuve. A croire que de nos jours le rapprochement des corps doit passer par la virtuosité virtuelle de tous les mots que l'on peut emmagasiner quelque part, entre blog et MSN. De quoi valser avec nos humeurs du jour. Frapper les touches, comme l'on battrait sa vie. J'assèche mon vocabulaire, alors que mes yeux sont vides et que mon c½ur marche au ralentit.
J'ai envie de crier, cette fois-ci, c'est fini. « That's all folks ! ». Et dans bien des sens aujourd'hui, ce sera vrai. Aujourd'hui, j'en veux à mon soi-disant talent de diseur de phrases. De diseur de bonnes aventures, juste pour la bonne raison que je raconte de belles histoires. J'en ai marre de tacher des pages, et les insultes envers moi-même affluent dans ma tête. J'ai du mal à retenir ma main, tout comme mes larmes. Souffrir, maintenant, oui. C'est ce que j'ai préféré par rapport à souffrir après. C'est mon choix, ma vision de la chose, peu de monde la partage. Les sourires que j'exécute semble lacérés. Et mes doigts ont trop joués avec l'acide. Les mots me rongent, et l'encre attaque ma peau. Je crois que tu pourras fermer la porte à double tour, en sortant. Un blog express, juste 100 articles. Mais une nouvelle page qui se tourne.
Je ne reviendrais pas ici. Ni nulle part ailleurs sur skyblog. Je ne sais même pas si j'ai encore l'envie d'écrire quelque part ailleurs que pour moi. Un jour on m'a dit que l'on « avait toujours un destinataire lorsqu'on publie nos écrits », mais je me suis trop souvent trompé de cibles. Tirer sur une ambulance fait plus de mal que de peur.
Ainsi, j'appose une dernière fois un pseudo dérisoire dans cet univers qui m'aura vu grandir. Je finis mon verre d'une rasade, et m'en vais manger des kilomètres de bitume. Je vous salue, et mets une pièce dans le juke-box :
___Macadam Cowboy___
« On the road again » ///